Faîtes un vœu pour que votre géant favori veuille bien supprimer réellement l’information dont vous n’avez plus usage, afin de préserver notre belle planète

Comme souligné par Reporterre dans cet article Petit-manuel-des-bonnes-pratiques-ecolos-sur-Internet ou bien encore un peu partout, il apparaît de plus en plus évident que notre usage du mail n’est pas neutre d’un point de vue écologique. Lourd pour l’environnement, car le « virtuel » a ses réalités bien sûr, et pas neutre pour notre bien être. A quoi bon stocker autant d’informations, qui compliquent nos recherches, alourdissent les traitements de notre ordinateur et nous maintiennent trop connectés.

Faire le ménage dans sa boite mail, c’est comme faire le ménage chez soi, c’est dur de s’y mettre, mais ça fait du bien quand on a fini ! Eh bien dans cet article, c’est votre paresse qui va être encouragée !

Quelques évidences :

Toutes les explications suivantes sont des évidences, si vous êtes familiers(ères) avec le monde de la messagerie informatique, passez directement au chapitre pratique !

Revenons aux bases, ici, je ne compterai pas les arbres sauvés par mail supprimé, ni les gouttes d’eau gagnées dans le prochain ouragan, soyons concrets :

  • les mails sont stockés dans les serveurs de messagerie. Je vais les classer en deux catégories, ceux qui vivent de nos informations (« gratuits ») et les autres (« payants »). Les premiers nous encouragent à tout garder (pour gagner plus d’argent), les autres à tout supprimer (pour en dépenser moins). Choisissons les deuxièmes, eux au moins ne font pas payer à la collectivité leur coût économique et écologique exorbitant. Et avec eux, nous pourrons aller jusqu’au bout de notre démarche responsable.
  • nous affichons et envoyons nos mails grâce à un « client » de messagerie. Encore deux catégories : il peut être « lourd« , sur notre ordinateur ou en ligne, de type « webmail« , c’est à dire dans un navigateur. Sur ce point, un client « lourd » ne fait transiter que les informations utiles entre le serveur et notre ordinateur, le webmail maintient une sur-activité sur le serveur et nous « emballe » tout contenu échangé, la différence est significative.
  • ils dialoguent en utilisant le protocole IMAP. C’est à dire que les manipulations faites sur le client se font « en miroir » sur le serveur. Quand un mail est classé dans un dossier sur mon ordinateur, le serveur le fait aussi, ainsi mon téléphone portable peut le classer à son tour et réciproquement, si je le fais sur mon téléphone portable alors c’est répercuté via le serveur sur mon ordinateur. C’est ce qui permet à plusieurs terminaux d’être synchronisés.

Maintenant une évidence : moins il y a de mails dans mon serveur de mails, moins je consomme d’énergie pour synchroniser mes terminaux, pour faire des recherches etc…, autrement dit :

en faisant régulièrement le ménage dans ma messagerie, je réduis mon impact sur l’environnement

Que vient faire Thunderbird là dedans ? Qu’est ce que c’est ?

Thunderbird est un client lourd de messagerie. Il nous permet plusieurs choses que ne permettent pas les outils en ligne proposés par nos « amis gratuits » :

  • une grande efficacité ergonomique. Les outils en ligne on fait de grands progrès, mais ne peuvent rivaliser avec une application « lourde ». Comparer Thunderbird avec un webmail, c’est comme comparer un traitement de texte avec une application de traitement de texte en ligne. Aussi, manipuler ses données à distance avec un outil en ligne ou un bureau virtuel est plus coûteux en ressources informatiques et en énergie.
  • d’être indépendant de son fournisseur de messagerie dans sa façon de manipuler mes mails. Il contribue à notre liberté car il est libre.
  • de pouvoir travailler avec sa messagerie hors connexion, et de maîtriser les envois et réceptions
  • et enfin un point très important, il permet d’être paresseux et de nous aider à faire ce ménage régulièrement :

En pratique :

  • Le compte : En sélectionnant à gauche le « Compte », cliquer droit pour « paramètres » et sous menu « Synchronisation et espace disque » :
    Le troisième paragraphe nous intéresse : par défaut, les messages ne sont jamais supprimés.    
  • Décocher la case « Ne supprimer aucun message », et appliquer la règle que l’on souhaite. Dans l’exemple, tous les mails seront supprimés au bout d’un an, sauf ceux qui sont marqués « à suivre« .
  • Bien lire l’avertissement explicite. Oui, c’est bien ce que nous voulons !
  • Affiner pour les dossiers : En sélectionnant à gauche un dossier, par exemple le dossier « Newsletter », cliquer droit pour « propriétés », et deuxième onglet « Règles de conservation ». Nous retrouvons par défaut le réglage du compte, tout juste passé à 365 jours.
  • Décocher la case « Utiliser mes paramètres du compte » et appliquer la règle spécifique, par exemple, supprimer les newsletters de plus de trois mois, sauf celles marquées « à suivre ».

Conclusion :

  • Avec le choix de supprimer les mails non marqués à suivre, la méthode est efficace et simple à l’usage.
  • S’il peut être compliqué de limiter l’entrée de mails, de les filtrer, il est en revanche possible de limiter la quantité d’informations stockée.
  • Il n’est pas nécessaire de faire appel à un tiers pour ça. Cela évite de lui fournir les mots de passe et c’est plus direct, donc plus écologique de le faire soi même.

Deux considérations :

  • Maîtriser ses informations, c’est pouvoir aussi limiter leur taille, ce n’est pas seulement « faire confiance à un géant »
  • Ce n’est pas si grave de perdre un mail, la terre ne s’arrête pas de tourner pour ça.

Enfin :

  • Si vous prenez bien soin de ne pas trop stocker d’informations et utilisez un service « gratuit » au sens de ce qui est expliqué plus haut, alors

faîtes un vœu pour que votre géant favori veuille bien supprimer réellement l’information dont vous n’avez plus usage, afin de préserver notre belle planète